Campagne VPP
Mythes à déconstruire
Article mis en ligne le 29 novembre 2012
dernière modification le 1er avril 2014

par Webmestre
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Mythes à déconstruire

La FSSS s’est dotée d’un plan de communication VPP. Ce dernier vise essentiellement à outiller les syndicats dans leur campagne de communication et à assurer la coordination et la prise en charge des différents intervenants de la Fédération.

Le Mythe : Le système public est coûteux

La réalité : Le système public est moins coûteux pour les individus et les collectivités que le système privé. Ainsi, en moyenne, les dépenses totales en santé par habitant (pour l’année 2009, en dollars US ajustés pour tenir compte du pouvoir d’achat, OCDE), représentent 3722$ pour chaque Suédoise et 4363$ pour chaque Canadienne. En contrepartie, chaque Étasunienne dépense 7960$.

Le Mythe : Le système québécois coûte trop cher et il est trop généreux.

La réalité : Le Québec arrive parmi les dernières provinces pour le financement des soins de santé et des services à domicile. En 2011, le Québec arrive bon dernier avec des dépenses totales de santé par habitant de 5261$ (ICIS) comparativement à 6358$ au Nouveau-Brunswick et à 6570$ en Alberta. Aussi, pour l’année 2003-2004, seuls l’Île-du-Prince-Édouard, le Yukon, les Territoires-du-Nord-Ouest et le Nunavut on moins investi que le Québec dans les services à domicile.

Le Mythe : On nous dit que nous n’avons plus les moyens.

La réalité : Pour la période allant de 2003 à 2009, l’État québécois, en réduisant le taux d’imposition, s’est privé de plus de 5 milliards annuellement, ce qui équivaut à peu près au manque à gagner dans le réseau de la santé. À eux seuls, les congés de taxes aux entreprises québécoises représentent 3 milliards de dollars par année. Ces sommes ne sont évidemment pas investies dans les programmes sociaux.

Le mythe du « tsunami gris »

Le vieillissement de la population provoquerait un choc démographique qui entraînerait un accroissement des dépenses de santé que le système public ne pourrait supporter. Il faudrait appeler le secteur privé à la rescousse !

LA VÉRITÉ

1 - Les sociétés occidentales on subi une lente progression (et non un choc) dans la proportion de personnes âgées en même temps qu’une lente diminution de la proportion des enfants. En effet, si la proportion de personnes âgées sera de 27% en 2036 alors qu’elle était de 13,9% en 2006, il est instructif de rappeler qu’elle n’était que de 7,7% en 1976. Il n’est donc pas exact d’avancer que les sociétés occidentales sont présentement placées devant un « choc » démographique ; il serait plus juste de parler d’une lente transformation. (Source : Le Québec bénéficierait-il d’une présence accrue du privé en santé ? IRIS)

2 – Au Canada, des études ont prédit les répercussions du vieillissement sur les coûts futurs des soins de santé. Par exemple, une récente étude de l’ICIS conclut : « L’idée selon laquelle le vieillissement de la population entraîne une hausse de la demande de services et une croissance accélérée des dépenses de santé est largement répandue. Mais contrairement à cette croyance populaire, le vieillissement de la population n’exerce qu’une très faible influence sur l’accroissement des dépenses, soit en moyenne seulement 0,8% annuellement ». Il est à noter que ce taux est bien inférieur au taux d’inflation moyen. (Source : Facteurs d’accroissement des dépenses de santé : les faits, ICIS)

3 – La population vit de plus en plus longtemps, mais est aussi en meilleure santé. En général, les personnes ont besoin de soins accrus dans les dernières années de leur vie. Une personne peut donc vivre de nombreuses années après sa retraite sans entraîner de coûts supplémentaires. On voit bien que le vieillissement lui-même n’est responsable que d’une faible partie de l’augmentation des coûts, la part du lion s’avérant attribuable à d’autres causes, comme la hausse du coût des médicaments. Entre 1985 et 2008, la part des médicaments dans les dépenses totales de santé est passée de 9,5% à 16,3% (Source : Dépenses en médicaments au Canada de 1985 à 2010, ICIS)

Le Mythe : Le privé est plus performant, plus efficace et plus rentable

La réalité : Il est beaucoup plus dispendieux de gérer une multitude de programmes de santé privés que de gérer un programme public universel. Un système privé ferait exploser les coûts administratifs et provoquerait une multiplication de soins et services de santé superflus au détriment de l’essentiel, ce qui provoquerait une multiplication des complications médicales qui devraient alors être prises en charge par le secteur public.

Le Mythe : Le privé est, pour ceux et celles qui peuvent se le payer, une solution pour désengorger le réseau public

La pénurie de personnel dans le réseau public s’aggrave depuis qu’on a de plus en plus recours au privé. On voit régulièrement des médecins se désaffilier du système public. Des infirmières et d’autres professionnelles du réseau quittent leurs postes pour aller travailler dans le privé. Il est évident que le développement du système privé se fait au détriment de la pérennité du système public.

Le Mythe : Le coût des soins de longue durée (SLD) requis par les personnes âgées en perte d’autonomie provoquera une hausse dramatique des coûts de la santé

La réalité : Les dépenses publiques en SLD au Québec représentaient 1.2% du PIB en 2008, comparativement à 3.6% du PIB en Suède. Pourtant, les dépenses totales en santé représentaient 9.4% du PIB en Suède, comparativement à 11.9% du PIB au Québec (OCDE 2010). C’est donc dire qu’on peut investir en SLD pour répondre aux besoins des personnes en perte d’autonomie, tout en contrôlant les coûts de santé.

Le Mythe : Les compressions budgétaires effectuées dans le réseau de la santé et des services sociaux visent à limiter la structure d’encadrement.

La réalité : Le nombre de cadres a progressé de plus de 20% entre 2005 et 2011 dans le réseau, comparativement à un taux de moins de 11% pour les autres catégories de personnel en santé (Source : Banque de données sur les cadres et salariés du réseau de la santé et des services sociaux, MSSS). C’est donc dire que personnel chargé de donner les soins et les services à la population ont vu, en proportion, leur charge de travail s’alourdir.

Le Mythe : : La dette publique nous oblige à réduire les dépenses de l’État et à faire passer le remboursement de cette dette dans les priorités de l’État.

La réalité : Les dettes publiques ont connu un accroissement important dans les
dernières décennies, tout cela en raison de « la spéculation, la hausse des frais d’intérêts provoquée par l’abaissement des notes de crédit des agences de notation, dans le coût du sauvetage des banques et des entreprises, la complaisance des États envers l’évasion fiscale et les réductions d’impôt accordées aux entreprises et aux nantis de la société. » (IRIS, Les dettes souveraines : légitimes ou illégitimes ?)
Les dettes publiques des pays riches sont passées de 40 % du PIB en 1980 à 72 % du PIB en 2000 et à 111 % du PIB en 2012.

Le Mythe : Les riches ne sont pas assez nombreux au Québec pour que l’on puisse les imposer davantage.

La réalité : « Le 1,5 % le plus riche de notre société fait 12,7 % du revenu [de notre
société] et paie 21 % des impôts, ce qui représente 15,1 % de ses revenus. Ces contribuables peuvent-ils payer davantage ? Probablement, comme leurs revenus disponibles sont encore très élevés, même après le passage de l’impôt. C’est cette question qui compte, et non leur poids démographique. » (IRIS, Les riches sont-ils en danger ?)

Le mythe de la performance en santé : LA NOUVELLE GESTION
PUBLIQUE

La réalité : La nouvelle gestion publique est à la source de la plupart des réformes dans l’administration publique au cours des dernières décennies et le domaine de la santé et des services sociaux n’y a malheureusement pas échappé. Coincés entre contraintes budgétaires et pressions de la population pour des services de qualité livrés à moindres coûts, les gestionnaires du réseau de la santé et des services sociaux succombent depuis plusieurs années à toutes sortes de modes managériales axées sur les « résultats » et la « performance ». Ces modes leur sont le plus souvent vendues par autant de firmes privées qui développent et vendent une multitude d’outils visant à optimiser, mesurer, minuter, catégoriser et comparer. L’introduction de ces méthodes et outils de gestion du privé combinée à l’introduction de la concurrence dans le secteur public se fait au détriment de l’engagement, du jugement et du don de soi qui inspirent les personnes qui ont choisi d’œuvrer
dans le domaine de la santé et des services sociaux. Au final, cela affecte les services dispensés à la population. Au cœur de ce délire, un grand mythe : celui de la performance, qui fera l’objet d’un dossier spécial dans le prochain bulletin VPP.

Le Mythe : Selon plusieurs chroniqueurs de droite, le système de santé québécois s’apparente au modèle soviétique. Qu’en est-il vraiment ?

R : En réalité, le système de santé québécois est mixte, c’est-à-dire qu’une part du financement et de la prestation sont publics et une part sont privés. Dans les dernières années, la part du privé a augmenté pour se chiffrer à 30 % pour le financement, se matérialisant par une place importante pour les assurances privées ou les tickets modérateurs.

Cette part importante du financement privé nous classe parmi les pays de l’OCDE laissant une grande place au privé. Les systèmes qui confient encore plus de place au privé, comme le système américain, ont des coûts de fonctionnement beaucoup plus importants. C’est qu’il y a un coût à multiplier les prestataires de services. Par exemple, l’administration d’un système privé absorbe de 15 à 30 % de la totalité des sommes en jeu, comparativement à de 3 à 6 % pour l’administration d’un système public.

Les exemples de cette présence de plus en plus importante du privé dans le domaine de la santé et des services sociaux sont nombreux : pensons par exemple aux soins dentaires ou à l’hébergement des personnes âgées, aux projets de PPP et à l’accentuation de la sous-traitance.

En constatant l’accroissement de la part du privé dans notre réseau de la santé et des services sociaux et en réfléchissant aux nombreux problèmes que vit ce réseau, nous sommes endroit de retourner la question à nos détrac teurs. Le réel problème n’est-il pas la trop grande place des intérêts privés dans le réseau de la santé ? Ne serions-nous pas mieux servis par un système public qui donnerait aux travailleuses et travailleurs le moyen de donner des services accessibles et de qualité ?


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Comité d'entraide SNE

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et du
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